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Pourquoi notre personnalité évolue lorsqu'on parle une langue étrangère

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Mars 2017, 21:00pm

Catégories : #SCIENCE, #RELATIONS

Pourquoi notre personnalité évolue lorsqu'on parle une langue étrangère

En parlant l'anglais, l'italien ou le russe, vous êtes vous déjà senti quelque peu différent? Plus stressé, plus introverti ou alors plus détendu que d'ordinaire? Si cela a déjà été le cas, ne vous en faites pas, il s'agit-là simplement de l'un des effets secondaires (s'il en est) de la pratique d'une langue étrangère, explique Quartz dans un article qui reprend les travaux de Nairan Ramírez-Esparza, une professeure-assistante en psychologie sociale à l'université du Connecticut aux États-Unis.

Dans un premier travail, publié il y a dix ans de cela, l'enseignante et chercheuse explorait déjà la probabilité selon laquelle des personnes bilingues disposeraient de plusieurs personnalités, qui changeraient en fonction de la langue qu'elles parlent. Selon elle, nos croyances et notre perception d'une culture associée à une langue influencerait notre comportement lorsque nous la parlons.

Pour arriver à ce constat, elle et son équipe avaient alors fait passer, en 2006, des tests de personnalité à des Mexicano-Américains, en anglais et en espagnol. Dans ses conclusions, elle avait alors observé davantage d'«extraversion», d'«amabilité» et de «conscience de soi», lors des tests pratiqués en anglais, rapporte Quartz.

«Les auteurs de l'étude ont émis l'hypothèse que cela pourrait refléter le fait que les cultures individualistes –comme celle des États-Unis– accordent une plus grande importance à l'affirmation de soi, à l'accomplissement et à la sympathie superficielle, alors qu'il est moins important de chanter ses propres louanges dans des cultures collectivistes comme le Mexique.»

Un dédoublement de personnalité

Nairan Ramírez-Esparza revient aujourd'hui avec une mise à jour de son étude –dont quelques détails sont publiés par Quartz en avant-première. Grâce à un exercice de rédaction d'une quinzaine de minutes dans lequel les participants –toujours des Mexicano-Américains– ont dû décrire leur personnalité, elle a constaté que les sujets de l'étude adoptaient des comportements différents selon la langue utilisée par ces derniers.

En espagnol, les participants avaient tendance à évoquer leurs relations avec leur famille et leurs proches, ou encore leurs passes-temps, alors qu'en anglais, ils faisaient davantage état de leur objectifs professionnels ou scolaires et de leurs activités quotidiennes.

«La langue ne peut être dissociée des valeurs culturelles de celle-ci. Vous vous projetez à travers les valeurs culturelles de la langue que vous parlez», appuie-t-elle dans une interview à Quartz.

L'importance du contexte

Toutefois, Nairan Ramírez-Esparza précise que ce changement de comportement dépend en grande partie du contexte d'apprentissage d'une langue. Si vous apprenez, par exemple, le mandarin lors d'un séjour en Chine, vous serez davantage imprégné par la culture et le comportement des locaux que si vous l'apprenez dans une salle de classe en France ou aux États-Unis.

Ainsi, apprendre une langue avec du «contexte», à savoir un voyage ou un séjour à l'étranger au contact d'une culture associée à la langue en question, il y a de grandes chances que votre comportement puisse être affecté par de telles variations dans votre propre comportement. À l'inverse, apprendre une langue étrangère uniquement par des livres scolaires ne devrait avoir, en théorie, aucun effet sur vous et votre comportement.

Apprendre à parler une nouvelle étrangère ne se résume donc pas à une simple question de conjugaison et de vocabulaire, mais constitue une occasion rêvée de découvrir et de développer tout un pan inexploré de votre identité, finit Quartz.

Slate

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Aubrat 30/03/2017 13:19

« Les philosophes font rarement attention à la langue qu'ils parlent. Ils ont l'impression qu'ils parlent le Logos lui même, la langue universelle et qu'au font lors qu'ils réfléchissent à des concepts, ces concepts sont indépendants de la langue qu'ils parlent. Or il suffit d'analyser les choses d'un peu près, pour se rendre compte que la langue que nous parlons nous incline à penser d'une certaine façon. Autrement dit une langue dans laquelle le verbe être est présent et a les usages qu'il a dans la langue française ou dans la langue anglaise, ou en latin ou en grec etc. disons dans les langues Indo-européennes. Cette langue est différente d'une autre langue ou le verbe être n'a pas les mêmes usages de copule (Principe qui noue le sujet à l'attribut), donc quand vous réfléchissez à la philosophie de l'être, et bien la simple phrase « la philosophie de l'être » repose sur la présence du verbe être et faire attention à cela c'est se rendre compte que nous philosophons toujours en langue et qu'il nous faut prêter attention à la langue que nous parlons. Et cela n'a l'aire de rien mais ça change tout.» Souleymane Bachir Diagne

https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-23-mars-2017

Aubrat 18/03/2017 13:37

Des considérations proches de celles ci il y en a exprimées dans l'émission passionnante : 
" D'ici, d'ailleurs " Le samedi à 20h05 par Zoé Varier 
" des histoires d’hommes et de femmes étrangers, immigrés, exilés venus vivre en France."
https://www.franceinter.fr/emissions/d-ici-d-ailleurs
  
J'aimerais beaucoup qu'il existe un recueil avec tous ces témoignages ayant rapport avec la façon dont ces personnes ont vécus leur bilinguisme. Ceci est abordé sous des angles différents, ce vécu est exprimé de façon vivante, les observations sont très pertinentes. Bref, un recueil de ces passages d'émissions serait une mine de renseignements, un texte qui tiendrait en alène le lecteur jusqu'à la fin.

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