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Nouailhac - Dette : l'étrange silence d'Emmanuel Macron

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Février 2017, 16:42pm

Catégories : #ECONOMIE, #FRANCE

Nouailhac - Dette : l'étrange silence d'Emmanuel Macron

Onze ans après un premier rapport qui avait fait beaucoup de bruit à l'époque, l'ancien président de BNP Paribas, Michel Pébereau, véritablement effrayé par l'irresponsabilité de nos gouvernants, s'est réattaqué au dramatique dossier de nos finances publiques. Dans un nouveau rapport publié mi-février sous l'égide de l'Institut de l'entreprise dont il est président d'honneur, il constate avec tristesse et amertume que son pays continue plus que jamais de laisser filer ses déficits.

 Dans une interview aux Échos, il rappelle qu'en 2012, « les deux principaux candidats s'étaient engagés à retrouver l'équilibre des finances publiques au cours du quinquennat ». On connaît la suite, une aggravation supplémentaire des déficits, alors que François Hollande a pourtant bénéficié de conditions extrêmement favorables avec des taux d'intérêt très faibles, une nette baisse du prix du pétrole et un euro compétitif face au dollar. Au lieu d'en profiter pour réduire les dépenses de l'État, le président socialiste n'a fait que charger la barque au risque de la faire couler encore plus vite.

La France dans le club des mauvais élèves

Notre dette publique s'élève à près de 100 % du PIB, rappelle Michel Pébereau, alors qu'elle n'était que de 20 % en 1980, et « nos dépenses publiques dépassent aujourd'hui 57 % du PIB, 13 points de plus que l'Allemagne ». Entre 2007 et 2015, elles ont augmenté de plus de 250 milliards, passant de 990 à 1 240 milliards d'euros par an ! Prenant l'exemple des collectivités locales, il note qu'il y a pourtant « de la marge : leurs effectifs ont été multipliés par 2,5 depuis 1980, soit 1,2 million d'agents en plus » !

 Une semaine après la parution de ce second rapport Pébereau, la Commission européenne publiait son « rapport pays 2017 » avec 74 pages spéciales consacrées à l'état réel de la France, entrée dans le club des très mauvais élèves, avec l'Italie, le Portugal, la Bulgarie, la Hongrie et Chypre, la Grèce étant mise de côté. La Commission y constate que la France se révèle incapable de gérer ses finances publiques, que ses dépenses ont encore progressé de 100 milliards d'euros pendant le quinquennat Hollande, que les déficits ne sont jamais passés sous les 3 % du PIB malgré des promesses réitérées, que la dette a explosé de plus de 300 milliards et qu'enfin son niveau de dépenses publiques est maintenant supérieur de 10 points à la moyenne européenne.

Diète

Si les Français n'ont pas conscience du problème, comme le craint Michel Pébereau, alors même que le pays se trouve en pleine campagne présidentielle, c'est que les grands médias audiovisuels ne veulent pas en parler, complices qu'ils sont de la plupart des candidats à cette élection qui ne veulent surtout pas en entendre parler. Sachant que la France est au bord de la ruine, que pourrait-il y avoir de plus important, pendant une période électorale aussi cruciale, que de débattre de la meilleure façon de sortir le pays de l'ornière ? Or c'est le contraire qui se produit.

Aux bords extrêmes de l'échiquier, Marine Le Pen, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se contentent de promettre la lune à leurs électeurs potentiels et veulent dépenser toujours plus, tandis qu'à « l'extrême centre », selon la formule bien trouvée de Pierre-Antoine Delhommais, l'équilibriste Emmanuel Macron se contente d'un programme à l'eau de rose. Face à l'expérimenté François Fillon qui a pris le problème de face avec un plan rigoureux de réduction de gré ou de force du Moloch étatique, le jeune Macron n'a pas l'air de voir que la situation de la France est catastrophique : pour la soigner, il n'envisage que des vitamines et de simples ajustements là où il faudrait de la rigueur et un sévère régime minceur. Il n'a rien à dire par exemple sur « la mère des réformes », la réforme des retraites, dont Fillon a fait l'un des axes de son projet.

 Macron donne l'impression de vouloir à la fois complaire à Bruxelles et faire plaisir à tout le monde à Paris, à sa gauche en augmentant la CSG et à sa droite en baissant l'impôt sur les sociétés, tout en s'efforçant de se tenir debout en équilibre instable sur un cheval d'arçons brinquebalant, tandis que le cavalier Fillon, bien en selle sur son cheval dans le concours d'obstacles qui s'annonce, s'engage à sauter les barres les unes après les autres et prévient qu'il ne s'arrêtera qu'une fois son parcours terminé.

Funambule

Que des démagogues irresponsables comme Le Pen, Hamon et Mélenchon rivalisent de promesses pharaoniques est dans l'ordre des choses, même si l'on a du mal à s'y faire. Mais qu'un ancien ministre de l'Économie, qui devrait bien connaître ses dossiers et qui devrait à tout le moins avoir le sens des responsabilités, puisse ainsi jouer les funambules pour se faire élire alors que son pays risque une faillite retentissante, c'est à n'y rien comprendre.

Ou plutôt si, hélas : à comprendre que le jeune et sémillant Emmanuel Macron semble prêt à emboucher toutes les trompettes de la démagogie pour parvenir à ses fins, comme cette annonce de vouloir exonérer 80 % des Français de la taxe d'habitation. Ce n'est pas un bon signe, ni pour la France, ni pour l'Europe, sauf que ce ne sont pas les technocrates européens qui paieront les dégâts quand ils se produiront, mais les familles françaises.

lepoint

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