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Les "fake news" en procès

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Février 2017, 20:30pm

Catégories : #FAITSDIVERS, #ETATS-UNIS

Les "fake news" en procès

Un élu qui proteste, sur Twitter, contre les journalistes et les accuse de propager des « fake news » (de « fausses informations »)... Des reporters excédés d'être traités de menteurs qui envisagent de demander aux juges de sanctionner ce qu'ils estiment être de la diffamation. Non, il ne s'agit pas d'un énième épisode mettant en scène Donald Trump et les correspondants de presse à la Maison-Blanche. Ce feuilleton qui agite, depuis plusieurs jours, la scène politique du Colorado n'en est pas moins suivi avec attention à Washington. En effet, une jurisprudence en la matière ne manquerait pas d'avoir un certain écho dans le district fédéral.

Tout commence le 8 février dernier à Grand Junction, une petite ville de 42 000 habitants située dans l'ouest du Colorado (à 300 km de Denver). Ce jour-là, un éditorialiste du quotidien local The Daily Sentinel apostrophe le sénateur républicain Ray Scott pour lui demander d'ouvrir les archives publiques. « Il est important que l'on ait accès aux décisions prises par le gouvernement local », indique l'article. Son auteur ajoute que de nombreuses demandes ont été adressées au sénateur pour qu'il autorise la mise en ligne des documents administratifs, « au nom du droit à l'information légitime des citoyens dans une démocratie ».

« Rendez-vous devant les tribunaux »

La réaction de ce sénateur, par ailleurs grand admirateur de Donald Trump, ne se fait pas attendre. Le lendemain, 9 février, il publie sur son compte Twitter un message rageur. « Nous avons aussi nos fake news à Grand Junction... »

 

 

Il développe, un peu plus tard, son propos sur sa page Facebook, dénonçant ceux qui, selon lui, tentent de lui « mettre la pression » pour prendre une décision qu'il ne souhaite pas. « [Les journalistes] ne m'ont pas contacté pour obtenir d'informations », affirme-t-il pour justifier le fait qu'il n'ouvre pas les registres publics à la presse.

Une assertion qui fait bondir le directeur de la publication du Daily Sentinel, Jay Seaton. Ce dernier prend la plume, le 13 février, pour rétablir certaines vérités. « Le sénateur fait de fausses déclarations », réplique-t-il, démontant point par point l'argumentaire de l'élu. « Le terme de fake news laisse entendre que nous mentons et vise tout simplement à nous discréditer », grince-t-il, soulignant que « c'est le rôle des journaux de demander des comptes aux dirigeants politiques ».

« Les mots ont un sens, poursuit-il, et le sénateur Scott nous diffame. (...) C'est pourquoi, pour reprendre une phrase souvent utilisée par un autre abonné célèbre de Twitter (Donald Trump, NDLR), je lui dis : Rendez-vous devant les tribunaux. »

Une saisine de la justice à... double tranchant

Si action en justice il devait y avoir, ce serait la première fois que des magistrats auraient à examiner ce que recouvre réellement le concept de « fake news ». « Nous voyons bien que ce terme fait florès dans le discours de certains politiciens dans le but de délégitimer des institutions des médias comme le New York Times, le Washington Post ou encore CNN », expose l'avocat spécialisé en droit de la presse Steven Zansberg. Ce juriste espère que les tribunaux dissuaderont les élus de recourir à ce terme...

Reste que les avis sont partagés sur l'utilité de porter cette affaire devant la justice. George Freeman, directeur général du Centre d'information sur le droit de la presse (Media Law Resource Center), basé à New York, confie ainsi qu'une telle action pourrait avoir un effet « boomerang » désastreux si la décision des magistrats n'était, finalement, pas conforme à ce qu'espère le Daily Sentinel. « Une fois que les choses seront figées par la jurisprudence, cela pourra être négatif pour la liberté d'informer », souligne cet ancien conseiller juridique du New York Times. Jay Seaton a donc pris le temps de consulter plusieurs avocats avant de déposer une plainte. Il se donne jusqu'au 28 février pour saisir les tribunaux au nom du premier amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté de la presse.

Lepoint

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