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Trump se lâche sur l'Europe et prédit la désintégration de l'UE

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Janvier 2017, 13:30pm

Catégories : #TRUMP, #EUROPE, #RUSSIE, #MONDE

Trump se lâche sur l'Europe et prédit la désintégration de l'UE

Ceux qui croyaient encore à un possible changement de style de Donald Trump, notamment en matière diplomatique, vont devoir se faire une raison. A moins d’une semaine de sa prise de fonction, le futur président des Etats-Unis a accordé une longue interview aux quotidiens britannique Times et allemand Bild. Les sujets abordés sont nombreux. Tous touchent de près ou de loin à l’actualité européenne - Brexit, avenir de l’Otan, sanctions contre la Russie, menaces protectionnistes, crise des réfugiés, accord sur le nucléaire iranien. Mais au-delà des petites phrases, des critiques ou des ébauches de stratégie sur tel ou tel dossier, cet entretien offre avant tout deux enseignements majeurs : Donald Trump mènera la politique étrangère américaine comme il a mené sa campagne - sans s’embarrasser des convenances - et il n’hésitera pas à bouleverser l’ordre international en place depuis des décennies.

Elu lui-même à la faveur d’une vague populiste, Donald Trump se targue d’avoir été l’un des seuls à anticiper le «succès» du Brexit. Alors que le Royaume-Uni va devoir mener de complexes négociations avec Bruxelles sur sa sortie de l’Union européenne, le futur président américain tend la main à Londres, se disant prêt à conclure «très rapidement» un nouvel accord bilatéral de libre-échange. «Je suis un grand fan du Royaume-Uni, nous allons travailler très dur pour qu’il soit conclu rapidement et dans les règles. Bon pour les deux parties», a-t-il souligné. Ces propos tranchent avec ceux de Barack Obama qui avait prévenu les Britanniques qu’en cas de sortie de l’UE, ils se retrouveraient au bout de la file d’attente pour négocier un nouvel accord commercial. Donald Trump, lui, promet de recevoir très rapidement Theresa May à Washington.

«Les gens sont en colère»

Le magnat de l’immobilier, dont la victoire surprise début novembre a été saluée par les courants nationalistes et souverainistes en Europe (à commencer par le Front national), semble expliquer principalement le Brexit par l’afflux de réfugiés sur le continent européen. «Les peuples, les gens, veulent leur propre identité et le Royaume-Uni voulait sa propre identité», dit-il. Sans l’arrivée des réfugiés et de «tous les problèmes qui vont avec, il n’y aurait pas eu de Brexit», ajoute Donald Trump, qui prédit la désintégration progressive de l’Union européenne. «D’autres vont partir» car «les gens sont en colère». Colère, sentiment de perte identitaire, désir de frontières renforcées : les ingrédients qui ont porté Donald Trump à la Maison Blanche pourraient doper les populistes européens.

Mi-novembre, lors de son dernier voyage en Europe, Barack Obama avait rendu un hommage appuyé à Angela Merkel, sa «plus proche partenaire» internationale. Signe du changement brutal qui se prépare à Washington, Donald Trump n’a épargné ni la chancelière ni l’Allemagne. Reprenant à son compte une thèse de la droite populiste allemande, le successeur de Barack Obama a laissé entendre que la politique d’Angela Merkel à l’égard des migrants avait joué un rôle dans l’attentat perpétré le 19 décembre sur un marché de Noël de Berlin. En 2015, la chancelière allemande avait décidé d’ouvrir les frontières du pays à des centaines de milliers de migrants, venus notamment de Syrie. Selon Trump, les conséquences de cette politique se sont fait «clairement sentir». Tout en assurant avoir «le plus grand respect» pour elle, le milliardaire a vivement critiqué Angela Merkel. «Je pense qu’elle a fait une erreur catastrophique et c’était de prendre tous ces illégaux», a-t-il lâché, ne faisant au passage aucune différence entre réfugiés et migrants illégaux. En outre, Trump a accusé l’Allemagne d’avoir la mainmise sur l’Union européenne. «C’est en gros un instrument pour l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle je pense que la Royaume-Uni a eu bien raison de s’en sortir», a-t-il dit lors de cet entretien.

«Plus blond qu’aucun humain»

Pour le quotidien britannique Times, l’entretien a été mené par Michael Gove, député, figure des pro-Brexit et éphémère candidat à la succession de David Cameron dont il a été le ministre de l’Education puis de la Justice. Le choix d’une personnalité aussi marquée politiquement pour réaliser cette interview a de quoi interpeller. Mais de sa rencontre avec le président élu, Michael Gove tire une description personnelle très étonnante. «Donald Trump ressemble à un homme branché à une source électrique dont la puissance aurait été réglée à des niveaux bien supérieurs à ce que les règles de sécurité recommandent», écrit-il, qualifiant son interlocuteur de «force de la nature». Plus stupéfiant encore : «Sa peau brille d’un jaune orangé, ses cheveux sont plus blonds qu’aucun humain que vous rencontrerez et ses vêtements sont dans des couleurs primaires tellement vives que n’importe qui d’autre présent dans la pièce a l’air terne.»

Sur le fond, Donald Trump a également évoqué un possible rapprochement avec la Russie. Mettant Angela Merkel et Vladimir Poutine sur un pied d’égalité, il a fait savoir qu’il commencerait «par leur faire confiance à tous les deux», tout en prévenant que cela «pourrait ne pas durer longtemps». Il a tendu la main à Moscou, accusée d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine. En cas de coopération sur la réduction de l’armement nucléaire, Donald Trump s’est dit favorable à la levée de certaines sanctions contre la Russie. «Les sanctions font très mal à la Russie mais je pense qu’il peut se produire quelque chose qui sera profitable à beaucoup de gens», a déclaré Donald Trump. Juste avant Noël, il avait pourtant ravivé le spectre d’une course aux armements, notamment nucléaires. Ce changement apparent de position sur un dossier aussi sensible illustre la volatilité du prochain président. Ce «style incroyablement improvisé» et «sans précédent dans l’histoire récente» présente «un risque d’échec exceptionnellement élevé», s’inquiétait récemment Micah Zenko, chercheur au Council on Foreign Relations.

«Très injuste à l’égard des Etats-Unis»

Au sujet de l’Otan, Donald Trump fait preuve toutefois d’une relative cohérence. Dans l’entretien, il qualifie à nouveau l’alliance atlantique d’obsolète et injuste. Alors que les Etats-Unis assument 70% des dépenses militaires de l’organisation, le futur président a de nouveau accusé la majorité des pays membres de ne pas respecter leurs engagements financiers. «Nous devons protéger ces pays mais beaucoup de ces pays ne paient pas ce qu’ils devraient, a-t-il critiqué. Ceci est très injuste à l’égard des Etats-Unis». Des propos que Vladimir Poutine a sans doute lus avec attention. Accusé d’ingérence dans la campagne présidentielle, voire de détenir des dossiers compromettants - et non vérifiés - sur Donald Trump, le chef du Kremlin conserve pour l’heure la confiance du futur locataire de la Maison Blanche. «Je ne crois pas que Donald Trump possède une appréhension complète des capacités, des intentions et des actions de la Russie», a mis en garde dimanche le patron sortant de la CIA. John Brennan a appelé Trump à être «très rigoureux en s’exprimant publiquement». Un conseil visiblement resté lettre morte.

Liberation

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