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Hollande à Tulle : l'émotion et la mise en garde avant la présidentielle

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Janvier 2017, 10:58am

Catégories : #POLITIQUE, #FAITSDIVERS

Hollande à Tulle : l'émotion et la mise en garde avant la présidentielle

En déplacement en Corrèze, le président de la République a livré un discours testamentaire en présentant ses voeux. «Tout peut basculer», a-t-il prévenu alors que s'ouvre la campagne.

Tout commence à Tulle, tout s'achève à Tulle. En déplacement deux jours durant sur ses terres corréziennes, François Hollande a refermé la boucle de son quinquennat. De sa carrière politique aussi. Cela a pris la forme d'une série de discours, dont un dernier prononcé devant les Corréziens à qui il doit l'ensemble de ses mandats locaux. Député, maire de Tulle, président du conseil général, conseiller général... François Hollande les a presque tous exercés ici. «C'est vrai qu'il y a de l'émotion, a-t-il reconnu d'emblée. De l'émotion partagée. Je viens ici pour la dernière fois présenter mes voeux comme président de la République». L'occasion pour lui de passer son bilan en revue en justifiant chacune de ses décisions, des interventions militaires aux mesures économiques en passant par le mariage pour tous ou la réforme territoriale. «Ce qui est essentiel dans une réforme, ce n'est pas son auteur, c'est la durée», a-t-il assuré.
 

Mais François Hollande a surtout renouvelé les mises en garde qu'il avait lancées le soir du 31 décembre denier lors de son allocution du réveillon. «Tout peut basculer, a-t-il prévenu. Vous le voyez dans l'outrance des propos, dans la surenchère, dans la brutalité. Comme si une bonne purge pouvait soigner le malade. Mais nous ne sommes pas malades!» Une allusion à François Fillon et son programme présidentiel que les socialistes décrivent comme «Thatchérien». Dans sa ligne de mire également, Marine Le Pen et son projet protectionniste. «Ça serait tellement plus simple. On s'enfermerait, on se protègerait et on pourrait ignorer le monde. Mais il nous rattraperait», a-t-il prévenu. «Je vous appelle à être vigilants. Autant de réformes que nécessaire, mais ne jamais remettre en cause la démocratie. Les tentations sont là. D'abord l'égoïsme des nations, qui finissent par penser qu'elles seraient mieux toutes seules que dans des ensembles plus vastes», a-t-il dit.
Devant les Corréziens, il a appelé les Français à renouer avec cinq valeurs qu'il assure liées à cette terre: le sens de la durée, la raison, la solidarité, l'engagement et le courage.
François Hollande samedi à Tulle en Corrèze: «C'est 35 ans de ma vie», a-t-il dit.
Il y a cinq ans, c'est à Tulle qu'il avait déclaré sa candidature à la présidence de la République, via la primaire du PS. En juin 1981, c'est là aussi, dans ce département, qu'il avait tenu son premier meeting d'homme politique. François Mitterrand venait d'être élu à l'Élysee et, dans la foulée, Francois Hollande s'attaquait à la circonscription détenue à l'époque par Jacques Chirac. Premier échec. Trente-cinq ans plus tard, le président de la République a renoncé à briguer un second mandat, trop impopulaire, trop contesté au sein de sa famille politique. Ultime échec. «C'est trente-cinq ans de ma vie», a d'ailleurs soufflé Francois Hollande aux Corréziens.
Alors forcément, il flottait autour de lui ce week-end un air de nostalgie sourde. «Ce n'est pas une tournée d'adieux, mais de retrouvailles», jurait Francois Hollande vendredi, sans jamais rien laisser percer de ses sentiments. Comme toujours. En plaisantant. Comme d'habitude. Le contexte était cruel pourtant.
Samedi matin, au coeur du département, dans le village du nom de Corrèze qualifié de «paradis» par un élu local (non loin de Saran), il a posé la première pierre d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Autrement dit une maison de retraite. «Ici, on est au centre. Vous avez même dit que c'était le paradis. Beaucoup se demandent où je vais aller, a commencé François Hollande. Vous avez la réponse! Non pas à l'EHPAD de Corrèze, mais au paradis». Depuis son renoncement le jeudi 1er décembre dernier, c'est pourtant bien la retraite qui l'attend. Le paradis peut-être, la fin de la politique sûrement. Ce que tous les Corréziens venus écouter François Hollande avaient bien compris, l'applaudissant longuement à la fin de son discours. 

 Lefigaro

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